Ali khadaoui est poète (Ambassadeur des poètes de Tamazgha auprès de Poètes du Monde), anthropologue, militant associatif du Mouvement Amazighe, ancien membre démissionnaire du Conseil d’Administration de l’IRCAM (Institut Royal de Q -Le Mouvement Amazighe entre divisé dans sa 2e années, avec une absence de visibilité et d’une analyse pertinente de la situation. Comment expliquez-vous cela ? R : Tout d’abord, je remercie Agraw –et son équipe- pour l’intérêt qu’il porte à la question amazighe, une question aux multiples dimensions (culturelle, économique, sociale et politique), et qui est l’une des questions principales qui se pose avec acuité à l’Etat du Maroc. Afin d’éclairer davantage les lecteurs non avertis, cette question peut être résumée en ceci : Il est notoirement admis que les Imazighen (les berbères) sont les premiers habitants de l’Afrique du Nord. Au Maroc, ces populations constituent encore aujourd’hui la majorité écrasante de la population. Le problème se pose depuis que l’Etat marocain moderne a été conçu par le mouvement dit « National » en seuls termes d’arabo-islamité comme l’affirme la constitution marocaine encore en vigueur aujourd’hui, excluant purement et simplement les constituants historiques et anthropologiques de base de l’identité marocaine, à savoir la culture et la langue amazighes. Le plus grave est que le projet du Mouvement dit National a pour objectif la destruction des éléments constitutifs de l’identité véritable du Maroc afin de la remplacer par une identité fictive arabo-islamique à travers la falsification de l’histoire, la discrimination linguistique et culturelle, l’exclusion économique et sociale doublées de la répression systématique des revendications légitimes amazighes. Devant cette situation désastreuse de l’amazighité dans sa propre patrie, le Mouvement Amazighe a émergé comme une force sociale qui refuse cet état de fait et qui tente par des moyens pacifiques à faire respecter les droits légitimes de ce peuple autochtone. Ce Mouvement s’est développé ces dernières années et a aujourd’hui ses symboles, ses militants et son discours distinctif. Les division dont vous parlez relèvent d’un phénomène humain naturel qu’on connu et connaissent tous les peuples dont l’indépendance et la dignité ont été violées. Ces divisions s’expliquent par: -les différences de conceptions, de stratégies et de tactiques le plus souvent présentées-à dessein- comme des divisions ; -des divisions suscitées et où les traîtres à la cause jouent un rôle primordial afin de discréditer la crédibilité de la cause et de ses militants. Malgré cela, il existe bel et bien une conscience de la situation désastreuse où se trouve l’amazighité sur tous les plans, et qui constitue une menace sérieuse pour le constituant fondamental de l’identité marocaine comme le souhaitent les théoriciens de l’arabo-islamisme omniprésents au niveau des postes de décision, et qui ne cachent pas leur mépris pour l’amazighité et ses droit légitimes. La visibilité du Mouvement Amazighe se précise de plus en plus. Nous assistons à une transition de la conception culturaliste vers une conception franchement politique, conséquence d’une analyse ayant abouti à la conclusion que l’amazighité a été exclue par une décision politique, et que le recouvrement de ses droits ne peut se faire que par un combat et une décision politique. Evidemment, il est à rappeler que le Mouvement Amazighe travaille avec des moyens matériels limités et une marge de liberté des plus étroites, face à un adversaire qui a pu s’accaparer tous les postes de décisions dans les rouages de l’Etat surtout après les événements sanglants des années soixante dix qui ont permis aux composantes du Mouvement dit National de purger l’administration de ses cadres amazighes. Le processus d’arabisation qui a suivi entre dans un complot qui vise à détruire le constituant principal et historique de l’identité du Maroc pour lui substituer une identité fantoche. Q- Au début du règne de Mohamed VI, il y a eu une ouverture sur les revendications du Mouvement Amazighe à travers la création de l’IRCAM, le lancement d’un processus de réponse à ces revendications. Après dix ans de règne de Mohamed VI, le Mouvement Amazighe est accusé de faire obstruction et ne pas collaborer à la construction? Est-ce vrai ? R-La création de l’IRCAM a été une ouverture sur les revendications du Mouvement Amazighe. Cependant, cette ouverture avait un objectif politique principal évident : faire échec à la stratégie politique qui commençait à surclasser la conception culturaliste. Le Dahir créant l’IRCAM est clair : les prérogatives de l’Institut sont académiques et culturelles et une mise en garde est lancée contre toute tentation de poser la question en termes politiques. Cette situation a aggravé la crise surtout après la démission des sept membres du Conseil d’Administration de l’IRCAM, l’interdiction du Parti Démocratique Amazighe et la répression du Mouvement Social et Etudiant amazighe. Accuser le Mouvement amazighe de faire obstacle aux réformes est un renversement de la vérité : c’est l’Etat lui-même qui bloque ses propres décisions. Tout le monde sait que les décisions royales visant à revaloriser l’amazighité dans le Dahir ont été ignorées par les Gouvernements successifs. Et depuis l’arrivée de Abbas Elfassi à la primature, on constate une nette régression des maigres acquis car les Ministères concernés ont rivalisé d’astuces pour vider le Discours d’Ajdir de sa substance. Même la folklorisation chère aux tenants de la pensée dominante a disparu des écrans de télévision. Q- Par exemple, une partie du Mouvement Amazighe a demandé à l’Union Européenne de ne pas accorder au Maroc un statut privilégié. R- Cette demande me paraît normale car l’Etat marocain n’est ni une démocratie ni même sur la voix de cette dernière. La question amazighe-entre autres-en est une preuve sans appel : les noms amazighes sont toujours interdits ; l’usage de la langue amazighe dans les tribunaux et les administrations(même pour ceux et celles qui ne parlent que la langue amazighe)est interdit, les droits des imazighen en tant que peuple autochtones sont toujours bafoués, les régions amazighes sont toujours exclues des plans de développement économique et sociaux et toute manifestation pacifique de protestation est réprimée. L’Union Européenne devrait imposer au Maroc(comme elle le fait avec Q- Pourquoi le Mouvement Amazighe minimise-t-il les acquis malgré les réalisations ? R- Quelles réalisations ? Les réalisations, c’est ce que les citoyens peuvent palper au quotidien. Or ce qui est vécu quotidiennement, c’est la continuité du feuilleton d’arabisation, de l’appauvrissement, du mépris des imazighen à une cadence plus rapide qu’avant. Autrement dit, le projet du Mouvement dit National continue sa destruction des éléments constitutifs de l’identité amazighe. Mais quel que soit son prestige, un apport ne remplacera jamais l’identité historique d’un peuple. Un apport restera toujours un apport, et c’est le cas de l’apport arabo-islamique. Q-Le Discours d’Ajdir est une reconnaissance des revendications amazighes de la part de la plus haute autorité du Royaume ainsi qu’un appel au pouvoir exécutif de traduire ces décisions dans les faits. Mais certaines parties bloquent. Qui sont ces parties ? R- Le Discours d’Ajdir est une ouverture sur les revendications amazighes et non une reconnaissance de ces dernières, car l’identité amazighe du Maroc n’est pas franchement reconnue, la langue amazighe n’est pas déclarée officielle. Q- Malgré le succès du discours du Mouvement Amazighe comme discours logique se référant aux Droits de l’homme, les amazighes n’ont pas pu travailler de l’intérieur du pouvoir afin de traduire ce discours dans les faits. Quelles en sont les causes à votre avis ? R- C’est l’amazighité qui confère au Maroc sa spécificité. Le Mouvement Amazighe propose à la société marocaine un projet social moderne et citoyen basé sur les principes des Droits de l’homme et les avancées de la science. En ce sens, ce projet est à même de résoudre la crise causée par la folie du Mouvement National de vouloir remplacer l’identité historique du Maroc par une identité mythique. Grâce à ses relations historiques avec beaucoup de cultures, l’amazighe s’est construit une personnalité emprunte d’ouverture, de tolérance et de relativisme. A ce titre, l’amazighité est à même d’aider à réussir le projet de transition vers la démocratie et la citoyenneté, ce qui libérerait les énergies et la créativité emprisonnées par le salafisme rétrograde et l’arabisme raciste. Imazighen n’ont pas pu travailler de l’intérieur du système pour la simple raison qu’ils n y sont pas. Depuis les événements des années soixante dix, les cadres amazighes à tous les niveaux des postes de décisions ont été soit éliminés physiquement, soit écartés. Et si vous voulez parler de l’IRCAM, cette institution est purement consultative, et ses dirigeants n’ont aucun pouvoir de décision quant aux problèmes liés à la question amazighe. Et s’il y avait la moindre chance de travailler de l’intérieur de l’IRCAM, nous n’aurions pas démissionné du Conseil d’Administration en 2005. Après presque quatre ans de travail acharné, nous sommes arrivés à la certitude qu’il était impossible de changer quoique ce soit de l’intérieur de l’IRCAM, car les véritables décideurs étaient ailleurs. En effet, malgré les réalisations scientifiques de l’Institut, malgré les nombreuses recommandations que le Conseil d’Administration a faites afin que les décisions royales soient appliquées, ces recommandations sont restées lettres mortes parce que l’exécutif les a simplement ignorées. La vérité est qu’il n’existe pas encore de volonté politique réelle de la part de l’Etat marocain de reconnaître l’amazighité comme identité du Maroc et la langue amazighe comme langue officielle, car une telle reconnaissance équivaudrait aux yeux des tenants du pouvoir actuel à un abandon du projet du Mouvement dit National de construire un Etat arabo-islamique dans une société amazighe. L’Etat marocain ne semble pas vouloir dépasser cette contradiction et table sur le temps afin de finir l’arabisation des esprits et des coeurs. La situation désastreuse où se trouve l’amazighité depuis quelques années est aussi la résultante de l’opportunisme de certaines composantes du Mouvement Amazighe qui n’arrivent pas encore à construire un front commun face à un adversaire aussi puisant, ce qui a permis à Abbas Elfassi de liquider les quelques signes timides en faveur de l’amazighité. Ce Mouvement est appelé plus que jamais, à revoir ses stratégies et ses tactiques, à rechercher des alliances afin de contrer les forces hostiles à l’amazighité, car ces forces qui ont acquis pouvoir et intérêts, ne lâcheront rien sans pression réelle et efficace. Mais comme j’ai rappelé le rôle néfaste des opportunistes de la cause amazighe, je n’oublie pas que la majorité des militants sont honnêtes et ils feront tout pour que cette cause légitime triomphe. Q-Certains disent que le Mouvement Amazighe n’a pas compris les changements survenus ces dernières années, qu’il a continué à utiliser ses anciennes méthodes, ce qui l’a amené à se heurter à l’agenda de l’institution royale. R- Je crois au contraire que le Mouvement Amazighe a bien intégré les changements intervenus ces dernières années. Seulement, le Mouvement considère que ces changements n’ont pas touché la société en profondeur, qu’ils sont juste de façade. Le Mouvement a par contre innové dans ses outils et méthode de travail, comme le montre le boycott des élections législatives auquel il avait appelé. De plus, le Mouvement Amazighe est arrivé à faire en sorte que l’amazighité ne soit plus l’apanage des élites intellectuelles comme le montrent les mouvements sociaux-réprimés- du Sud –Est, du Centre et du Rif et du Sud. Q- Des années après votre démission de l’Institut Royal de R- Oui, chaque jour passé depuis notre démission nous a apporté la preuve de la pertinence de notre analyse et la justesse de notre décision. En effet, le problème se pose entre un Etat qui se dit arabe et un Mouvement Amazighe qui exprime une volonté de rendre justice à l’histoire et l’identité amazighes. Pendant presque quatre ans, nous avons travaillé d’arrache pied pour améliorer la situation de l’amazighité dans l’espace public, et notamment dans l’enseignement et la communication. Cependant, après le vote du Conseil d’Administration en faveur de Tifinagh, et après la validation de la décision par le Roi, nous avons été surpris par l’interdiction de l’usage de cet alphabet pourtant officialisé par le Roi ! Quant à l’intégration de la langue amazighe dans le système scolaire, nous avions assisté au non respect par le Gouvernement de -continuer à recevoir les différentes largesses du pouvoir ou partir afin d’être en harmonie avec nos convictions et une cause à laquelle nous avons cru depuis des décennies. Nous avons choisi ce qui est en accord avec nos convictions et notre conscience militante et nous avons mis un terme à une situation où nous avons découvert que les mesures présentées comme une réponse à nos revendications n’étaient pas du tout en mesure de résoudre la question amazighe. Le communiqué que nous avions sorti à l’époque, ainsi « Option Amazighe »expliquent largement notre analyse de la situation de l’amazighité . Ces documents constituent un tournant dans le discours sur le combat pour l’amazighité. Q- Trois thèses divisent le Mouvement Amazighe au sujet de l’IRCAM. Un courant pense que l’IRCAM travaille de l’intérieur à appliquer les décisions du Discours d’Ajdir ; un autre courant croit que l’IRCAM est une institution académique qui s’occupe du patrimoine amazighe, du soutien aux associations et de conseils aux différentes institutions qui le demandent. Une troisième pense que l’IRCAM est simplement de la poudre aux yeux. Avec quelle thèse êtes-vous ? R-Comme je l’ai déjà dit, la cause amazighe est une question où s’imbriquent le culturel et le politique. Malgré le fait que l’IRCAM soit une institution académique et consultative, il a été créé pour jouer un rôle politique évident : circonscrire le problème amazighe aux seules dimensions académiques et culturelles afin qu’il ne se transforme pas en agenda politique. Pour se faire, l’IRCAM a coopté les élites du Mouvement Amazighe, les uns dans le Conseil d’Administration, les autres dans les Centres de recherche et l’Administration. D’autre part, un plan pour encadrer et canaliser le travail des associations vers la recherche académique a été mis en œuvre afin de contrer le courant politique. Et toute association qui sort du cadre tracé ne recevra pas d’aide. A tel point que les militants d’hier se chamaille uniquement pour les postes et les subsides. Du point de vue du Mouvement Amazighe indépendant, la mission de l’IRCAM s’est transformée en propagande pour camoufler la véritable politique de l’Etat à l’encontre de l’amazighité, et malheureusement, cette propagande est exécutée par des amazighes de service avec abnégation et zèle. Q- L’idée de création d’une association amazighe juive a rencontré un refus populaire et les lobbies hostiles à l’amazighité n’ont pas hésité à l’exploiter. Le Mouvement Amazighe avait-il besoin d’une telle initiative ? R- Dire que cette idée a rencontré un refus populaire, c’est tomber dans le piège de la propagande arabo-islamiste au Maroc, une propagande qui manipule à sa guise une opinion publique incrédule à cause de l’ignorance et de la pauvreté, à cause de la main mise de ces lobbies sur les moyens de communication publics et privés. La création d’une telle association est naturelle eu égard à la longue histoire commune entre les deux entités, surtout quand on sait que les juifs ne sont pas entrés au Maroc par la force, mais de manière pacifique. D’autre part, beaucoup de tribus amazighes avaient embrassé la religion hébraïque et les juifs eux-mêmes se sont intégrés au tissu social et culturel amazighe au point que beaucoup d’entre eux rivalisaient avec les grands poètes en langue amazighe. Ce qui n’est pas normal, c’est l’obligation faite aux juifs de quitter leur pays après des millénaires à cause de la propagande arabo-islamique à la suite de la guerre des six jours ; ce qui n’est pas normal, c’est que cette propagande continue encore aujourd’hui à dénier aux juifs du Maroc leur plein droit à la citoyenneté. Ce qui n’est pas normal, c’est que les lobbies hostiles aux juifs et à l’amazighité pour avoir existé dans ce pays des millénaires avant l’invasion sanglante de l’Afrique du Nord par les hordes arabo-islamiques. L’exploitation honteuse de l’antisémitisme par les lobbies arabo-islamistes n’est pas nouvelle pour le Mouvement Amazighe qui n’accorde plus d’intérêt à ce genre de gesticulations car il n’a d’ordre à recevoir de personne, et surtout de ceux-là même qui dénient le droit d’existence à l’amazighité et aux juifs . Il existe bel et bien des dizaines d’associations de coopération et d’amitié palestino-arabo- islamo juives au Proche Orient ; les responsables de l’autorité palestinienne et arabes discutent et donnent des accolades quotidiennes publiques aux responsables israëliens avec la bénédiction de tous les régimes arabes. S’il est vrai qu’il existe des amazighes arabisés d’Afrique du Nord qui se veulent plus arabes que les vrais arabes, c’est qu’ils méprisent leur propre identité d’amazighe, phénomène bien connu chez lez peuples convertis et les colonisés, et qui relève de la psychanalyse. Q- Vous avez soutenu le Congrès Mondial Amazighe de Méknès contre le Congrès de Tizi Ozzou. A cause de ses visites en Libye, Lounès Belkacem est aujourd’hui l’objet de critiques eu égard à la répression que subissent les amazighes de Libye. Quelle est votre explication ? R- Tout d’abord, je suis avec la légitimité. Et selon les statuts du Congrès Mondial Amazighe, c’est le Congrès de Méknès qui est légitime sans aucun doute. Pourquoi ? Premièrement, 8(huit)membres sur 10(dix)du Bureau Mondial, 28(vingt huit)membres sur 32(trente deux) du Conseil Fédéral se sont prononcés pour Méknès après que les autorités algériennes aient dit non à la tenue du Congrès à Tizi Ouzzou comme cela avait été décidé à Nador. D’autre part, la sécurité des congressistes était menacée à cause des actions terroristes dans la région de Tizi Ouzzou à cette époque. Enfin, comment mettre en doute le Congrès de Méknès alors qu’aucun Congrès auparavant n’a connu de pareil succès constaté par la presse nationale et étrangère, par les nombreuses délégations de haut niveau(y compris celle des Nations-Unis) ? Les critiques adressées au Président Lounès Belkacem vise en réalité à minimiser les succès incontestables qu’il a remporté ces dernières années : il a réussi à porter la cause amazighe sur la scène internationale de manière sérieuse et crédible. Pour preuves, il suffit de consulter les différents rapports adressés par le Congrès aux différentes instances des Nations Unies et autres Organisations internationales, il suffit de consulter les différentes décisions et recommandations de ces Instances et Organisations à l’adresse de l’Etat marocain. Par exemple, en 2008, Quant aux critiques des visites des membres du Congrès à Q- Les accusations et contre accusations entre les membres du Congrès ont été utilisées pour porter atteinte aux efforts et à la crédibilité du Mouvement Amazighe. Comment mettre un terme à ce conflit ? R- Plus d’un en veut au Congrès à cause de ses succès à l’intérieur de Tamazgha comme à l’extérieur. Plus d’un travaille à limiter les actions du Congrès et à discréditer sa légitimité. Pour ce faire, on a fait appel à des mercenaires afin de parasiter l’aura de la seule organisation internationale amazighe, une organisation où les imazighen du Monde sont représentés de manière démocratique . C’est de là que viennent les critiques acerbes et gratuites contre Lounès Belkacem. Le Congrès Mondial Amazigh est perçu par beaucoup –et par Kaddafi lui-même- comme une menace à leurs intérêts, à leurs privilèges et à leur pouvoir. C’est pour cela qu’on cherche à détruire cette jeune organisation comme on a détruit toute organisation qui empêche de tourner en rond. Bien sûr, les prestations du Congrès ne sont à l’image des associations qui le composent. Le devoir de tout vrai militant est d’aider matériellement et moralement toute association indépendante et sérieuse dans le respect de la légitimité, et ceci afin de construire une culture démocratique et de mettre en place les outils qui permettraient l’alternance des militants aux postes des responsabilités sans recourir aux reflexes des coups d’Etat et tomber ainsi dans le piège des ennemis de la cause amazighe qui attisent les divisions parce qu’elles travaillent leurs intérêts. Je suis certains que les militants honnêtes sont conscients des enjeux et qu’ils travaillent pour éviter tout ce qui pourrait porter atteinte aux intérêts de leur cause aussi bien sur le plan national qu’international. Pour ce faire, il est nécessaire de dévoiler les traîtres et les mercenaires qui travaillent contre cette cause sacrée. 
الجمعة, 06 نوفمبر, 2009
Propos recueillis par Al Ansari pour le journal Agraw Amazigh
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